Le dernier rapport annuel de Hiscox sur la gestion des risques cyber confirme un changement de paradigme : la cybersécurité n'est plus traitée comme un sujet informatique mais comme un risque d'entreprise, et l'objectif se déplace de la prévention vers la capacité à rester opérationnel pendant et après une attaque.
Les chiffres illustrent cette bascule. 29 % des organisations interrogées déclarent au moins une cyberattaque sur les douze derniers mois. L'interruption opérationnelle moyenne atteint 32,8 heures. 30 % des entreprises touchées ont subi des effets négatifs sur leurs résultats, leur valorisation ou leur notation, 29 % ont perdu des opportunités commerciales et 32 % ont vu des projets de croissance retardés. 64 % disposent d'une assurance cyber, contre 40 % en 2017, et 32 % lient la performance ou la rémunération de leurs dirigeants aux résultats en cybersécurité.
Raisonner en résilience change les priorités d'une direction informatique. La question n'est plus seulement combien d'attaques sont bloquées, mais combien de temps il faut pour revenir à un service acceptable, et dans quel ordre. Cela suppose de connaître les dépendances de chaque service critique, de disposer de sauvegardes isolées et testées, et de répéter les scénarios de reprise avec les métiers.
Ce déplacement rejoint la logique de NIS2 et de DORA, qui demandent de démontrer la continuité d'activité et pas seulement l'existence de protections. Les indicateurs évoluent en conséquence : durée maximale d'interruption admissible, perte de données tolérable, taux de réussite des tests de restauration.
Une organisation résiliente n'est pas celle qui n'est jamais touchée, mais celle qui sait déjà ce qu'elle fera dans la première heure.
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