Le classement mondial
31 %. C'est la part des 1 400 dirigeants interrogés dans douze pays qui placent la cybersécurité et la sécurité des données en tête des menaces pour leur croissance. Devant l'incertitude économique mondiale, 28 %. Devant l'instabilité géopolitique et les pressions réglementaires, 26 %. Le Global CEO Outlook 2026 de KPMG, conduit entre août et septembre auprès d'entreprises de plus de 500 millions de dollars de chiffre d'affaires, place ainsi le risque cyber en première position.
Les budgets suivent. 45 % ont augmenté leurs investissements en cybersécurité et en résilience numérique. Et 79 % font de l'IA une priorité pour les trois prochaines années.
La France, une exception relative
Le panel français, 75 dirigeants, dessine un tableau différent. L'incertitude économique reste en tête, à 29 %. La cybersécurité suit de près, à 28 %. Seuls 35 % déclarent avoir renforcé leurs moyens dédiés.
Pourtant, l'inquiétude est massive. 99 % se disent préoccupés par l'usurpation d'identité et la confidentialité des données. 93 % par leur vulnérabilité aux cyberattaques. 92 % par la fraude.
Presque tous inquiets. Un tiers qui investit davantage.
Un écart à expliquer
Ce décalage entre préoccupation et action mérite qu'on s'y attarde. Il ne traduit pas forcément une indifférence. Plus souvent, une difficulté à transformer le risque cyber en décision arbitrable. Quel niveau de risque est acceptable ? Combien coûte une journée d'arrêt ? Quel investissement réduit quelle exposition, et de combien ?
Sans ces réponses, le budget cyber se défend au ressenti. Et face à l'incertitude économique, le ressenti perd souvent.
Changer de langage en comité
Pour une DSI ou un RSSI, l'enjeu se déplace. Convaincre que la menace existe n'est plus nécessaire, les dirigeants le savent. Il faut leur donner de quoi décider. Des scénarios chiffrés, construits avec la direction financière. Une trajectoire de réduction du risque, avec des jalons. Des indicateurs lisibles, comparables aux autres risques de l'entreprise.
Le nombre d'alertes traitées ou de vulnérabilités corrigées parle aux équipes techniques. Le coût évité d'une interruption de la facturation parle au comité. C'est cette traduction qui fera passer les 35 % à davantage.