Les projets d'IA devaient créer de la valeur vite. Beaucoup peinent à la prouver. Et la cause n'est pas toujours là où on la cherche. Selon une étude sectorielle 2026 menée auprès de 1 700 décideurs IT, la moitié de la facture de stockage cloud ne correspond pas à de la capacité utilisée, mais à des frais annexes liés à l'usage des données. Les dépassements de budget touchaient déjà 62 % des décideurs interrogés l'an dernier. Une organisation sur trois seulement estime que ses projets IA dégagent un retour positif aujourd'hui.
Un modèle tarifaire mal accordé aux charges IA
Le cloud a été pensé pour vendre de la capacité. Les charges de travail de l'IA, elles, consomment autre chose : des accès. Modèles, embeddings, prompts, jeux d'entraînement, sauvegardes, tout cela multiplie les volumes et surtout la fréquence des mouvements de données. Or ce sont précisément les frais d'accès, d'egress et de transfert qui échappent au contrôle budgétaire. Ils ne se voient pas au dimensionnement. Ils apparaissent à la facture.
Un ROI qui se joue là où personne ne regarde
Un cas d'usage IA dont le modèle économique repose sur un gain de productivité peut voir sa rentabilité annulée par une ligne de coût que personne n'avait modélisée. Ça n'arrive pas qu'aux autres. Le retour sur investissement de l'IA ne se décide pas seulement au niveau du calcul ou du choix du modèle. Il se joue dans une couche d'infrastructure que les métiers, et parfois la DSI, sous-estiment au lancement.
Traiter le stockage comme une variable de pilotage
Reprendre la main, concrètement, c'est modéliser les coûts d'accès et pas seulement de capacité dès la conception d'un cas d'usage. C'est arbitrer entre classes de stockage selon la fréquence d'accès réelle. C'est anticiper les frais de sortie, qui conditionnent aussi la réversibilité vers un autre fournisseur. La gouvernance FinOps du stockage devient une condition de crédibilité des projets IA, au même titre que la qualité des données. Sans elle, on finance une infrastructure dont on ne mesure ni le coût réel ni le rendement.