Le marché français de l'assurance cyber vit à contretemps de la menace. Selon l'étude annuelle de l'AMRAE, le volume de primes a reculé pour la troisième année consécutive, de 328 M€ en 2023 à 306 M€ en 2025. Dans le même temps, les sinistres payés ont bondi de 53 %, de 54,5 M€ à 83,2 M€, et le ratio sinistres sur primes est passé de 17 % à 27,2 %.
Le détail par segment est encore plus parlant. Pour les grandes entreprises, les primes ont baissé de 14 % et le taux moyen de 32 %, alors que le nombre de sinistres progresse. Les ETI se sont assurées en masse, passant de 1 145 à 2 002 contrats, mais leur taux moyen a reculé de 23 % tandis que leurs sinistres ont été multipliés par quatre, pour un ratio qui atteint 42 %. Les entreprises de taille moyenne ont presque doublé leur nombre de contrats, avec un ratio de 33 %.
Ce décalage ne peut pas durer. L'AMRAE elle-même s'interroge sur la soutenabilité du modèle, et la fenêtre favorable pourrait se refermer dès les prochains renouvellements.
Pour les DSI et RSSI, l'enjeu est de préparer cette correction plutôt que de la subir. Lorsque les tarifs remonteront, les assureurs regarderont de près la maturité réelle : sauvegardes isolées et testées, authentification forte, supervision, plan de reprise documenté. Les organisations qui auront profité des années de baisse pour relâcher leur effort de sécurité paieront deux fois.
La période actuelle reste propice pour négocier des garanties plus larges et des franchises plus basses, et pour aligner le contrat sur l'exposition réelle : perte d'exploitation, défaillance des prestataires, fraudes par messagerie.
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