Des incidents majeurs, des conséquences lourdes
59 % des organisations d'infrastructures critiques interrogées ont subi un incident de sécurité majeur en un an. Parmi elles, 96 % en ont subi des conséquences significatives. Questions de sécurité physique pour la moitié. Interruptions non planifiées pour 49 %. Perturbations de production et pertes financières pour 46 %.
L'étude a été menée auprès de plus de 1 600 responsables sécurité dans onze pays, et publiée début octobre par un éditeur de sécurité.
Sept outils en moyenne
Le problème n'est pas l'absence d'outils. C'est leur nombre. Sept solutions de sécurité distinctes en moyenne. Complexité accrue pour 59 % des organisations, coûts plus élevés pour 56 %. Et 41 % constatent des retards de réponse aux incidents liés à cette dispersion.
Chaque outil produit ses alertes, dans son format, sur sa console. Les équipes recoupent à la main. Comprendre une attaque prend des heures qui devraient être des minutes.
L'angle mort de l'OT
Côté industriel, la situation est plus marquée. 68 % des organisations n'ont pas une vision complète et en temps réel des équipements connectés à leurs réseaux OT. En moyenne, 23 % des actifs sont jugés non gérés ou difficiles à surveiller. Systèmes anciens, équipements impossibles à corriger : les obstacles sont connus.
Et 74 % n'ont pas pleinement intégré leurs opérations de sécurité IT et OT. Deux mondes, deux inventaires.
Un problème de données avant tout
On parle beaucoup d'automatiser la réponse aux incidents. Mais automatiser suppose des données fiables et partagées : un inventaire unique des actifs, des alertes normalisées, une corrélation possible entre événements IT et OT. Sans cette base, l'automatisation déclenche des actions sur une vision partielle. Parfois pire que rien.
Ça commence donc par la donnée. Quels actifs, où, avec quel niveau de criticité. Quelles sources d'alertes, dans quel format commun.
Rationaliser avant d'automatiser
Pour une DSI ou un RSSI, la feuille de route est assez claire. Consolider l'inventaire des équipements, en rapprochant les listes de la maintenance et de la sécurité. Réduire le nombre d'outils, ou au moins centraliser leurs signaux. Faire travailler ensemble les équipes IT et OT. Puis seulement automatiser, en respectant les contraintes de disponibilité industrielle. Et vérifier régulièrement, par des exercices et des tests de restauration, que tout cela tient vraiment.