Une migration interrompue
L'administration fiscale et douanière des Pays-Bas renonce à son poste de travail sur Microsoft 365. Environ 5 000 agents avaient déjà basculé. La décision suit l'évaluation publiée le 29 juin 2026 par l'organe chargé d'examiner les grands projets informatiques de l'État néerlandais. Son verdict : un environnement inadapté, et une recommandation de revenir sur le déploiement en cloud public.
Sécurité, mais pas seulement
On retient souvent l'argument de la sécurité de l'information. Il figure bien dans le rapport, avec des doutes sur l'adéquation de l'environnement à l'ensemble des traitements de l'administration. Mais l'évaluation pointe autre chose, avec une précision rare.
Un comité de pilotage qui décide sur des informations incomplètes. Une autorité partagée entre ce comité et les directions. Des objectifs flous. Une visibilité insuffisante sur les coûts. Des risques mal maîtrisés.
C'est un constat de gouvernance. Pas seulement de technologie.
Le nouveau calendrier
Le plan annoncé est progressif. Messagerie et agenda rapatriés sur une infrastructure interne en 2027. Outils européens open source de stockage et de collaboration déployés en 2027 et 2028. Et maintien des logiciels et licences Microsoft existants là où c'est possible.
Pas de rupture brutale, donc. Une sortie organisée.
Le coût d'un arbitrage tardif
Ce dossier est souvent présenté comme une victoire de la souveraineté numérique. C'est aussi l'histoire d'un projet dont les risques ont été mesurés après le lancement. Revenir en arrière avec des milliers d'utilisateurs déjà migrés coûte cher, en budget comme en accompagnement du changement.
Une analyse amont aurait pu changer la trajectoire. Quelle sensibilité pour quelles données ? Quel scénario de réversibilité ? À quel coût ?
Ce qu'une DSI peut en retenir
Une suite collaborative n'est pas un simple outil bureautique. Messagerie, documents, agendas : c'est le cœur de l'information d'une organisation. Le choix relève de l'architecture et de la dépendance à long terme. Il mérite la même instruction qu'une décision d'infrastructure, avec une classification des flux par sensibilité et un scénario de sortie chiffré dès le départ, pas une fois les comptes migrés.