Le baromètre Ifop réalisé pour NumSpot et Acteurs Publics, publié le 23 septembre 2026 auprès de 195 agents de la fonction publique, met des chiffres sur une tendance que les prestataires du secteur public observent depuis des mois. 65 % des administrations interrogées excluent désormais les offres de cloud non souverain pour leurs usages d'IA. 69 % des structures disent basculer vers des solutions souveraines.
L'IA est déjà là. 63 % des organisations l'utilisent.
Ce que l'IA fait réellement dans les administrations
Synthèse et production documentaire pour 63 %, assistants conversationnels internes pour 53 %, analyse prédictive ou classification pour 38 %. Des outils qui manipulent des dossiers d'usagers, des notes internes, des documents de travail. On comprend mieux pourquoi la performance du modèle n'est plus le premier critère.
Hébergement cloud sécurisé : le critère a changé
Pour 75 % des répondants, la garantie que les données ne seront pas réutilisées pour entraîner d'autres modèles est devenue prioritaire. L'accélération des projets IA, citée par 52 %, passe après. C'est un changement de doctrine. Pendant longtemps, le débat portait sur la localisation et la sécurité de l'hébergement. Avec l'IA générative, il porte aussi sur ce que le fournisseur fait des données une fois traitées.
Ce que cela implique pour les DSI et leurs prestataires
Exiger un cloud souverain dans un cahier des charges ne suffit plus. La brique IA posée dessus doit respecter les mêmes exigences : localisation des traitements d'inférence, absence de réutilisation, juridiction applicable, réversibilité. Et ces engagements doivent couvrir les sous-traitants du fournisseur, souvent absents des marchés.
Reste un angle mort, les pilotes lancés par des directions métiers avec des outils grand public, avant toute consultation. Les recenser est souvent la vraie première étape d'une transformation numérique maîtrisée. Avant même de rédiger le prochain marché.